L'Agriculture en Rhône-Alpes

imagerhonealpes

Le territoire de Rhône-Alpes s'étend sur près de 4 400 000 hectares. Avec 1 435 394 hectares, la surface agricole utile  représente 32 % du territoire rhônalpin. Les zones boisées et peupleraies couvrent quant à elles 37 % de la superficie régionale. La région représente 5,32 % de la surface agricole utile française.

La production agricole s'élève à 2,4 milliards d'euros (4,86 % de la production nationale). Les filières de production sont nombreuses, les plus importantes étant le lait, le vin, la viande bovine et les céréales.

Près de 39 020 exploitations agricoles étaient recensées en 2010 dans la région, soit 31 % de moins qu'en 2000. Outre cette diminution, les exploitations ont connu plusieurs évolutions qualitatives au cours des dernières années.

Les exigences accrues du consommateur se sont traduites par le développement des qualifications d'entreprises agricoles (développement de cahiers des charges de production.) et par la différenciation des produits (appellations, labels.).

La filière viticole, particulièrement importante dans la région, permet d'illustrer les mutations auxquelles doit faire face l'agriculture, avec une nécessaire amélioration de la compétitivité.

2,5 milliards d'euros de production agricole

Si l'agriculture rhônalpine compense la petite dimension de ses structures de production par l'intensification, le résultat agricole moyen par unité de travail annuel est inférieur de 30 % au résultat agricole français.

L'agriculture de Rhône-Alpes reste une agriculture de filières. La diversification a cependant progressé dans certaines entreprises, qui en ont fait un axe de développement et pour lesquelles il est difficile de quantifier les volumes de production écoulés en vente directe. Les filières sont très nombreuses en Rhône-Alpes, comme le montre la diversité d'orientation des exploitations.

Entre 2000 et 2005, tous les systèmes de production ont diminué en nombre. Ils sont cependant toujours représentés, avec un grand nombre de systèmes mixtes. Les systèmes herbivores sont très dominants et les systèmes céréaliers semblent bien se maintenir.

Cette multiplicité des livraisons et des filières de produits agricoles est schématisée par la répartition suivante, de laquelle sont exclues la trufficulture et la filière forêt (3,4 millions de m3 de bois de sciage). Les quatre filières les plus importantes en Rhône-Alpes sont le lait (619 millions d'euros), le vin (420 millions d'euros), la viande bovine (390 millions d'euros) et les céréales (355 millions d'euros).

Rhône-Alpes occupe une position de leader national pour plusieurs productions agricoles :

  • les fruits avec l'abricot, la châtaigne et la noix ;
  • les produits issus de l'agriculture biologique ;
  • la production fermière avec les fromages fermiers.

Près de 39 000 exploitations agricoles en Rhône-Alpes

En 2010, on recense 39 020 exploitations en Rhône-Alpes (soit 7,9 % des exploitations de France métropolitaine). Les exploitations forestières et les scieries représentent 794 entreprises et emploient 2 300 unités de travail annuel (UTA) salariées.

L'enquête 2005 des structures agricoles montre une évolution certaine depuis le recensement général de 2000. L'agriculture de Rhône-Alpes a perdu 20 % de ses exploitations, 1,5 % de sa surface agricole (avec 4 500 hectares perdus par an) et 12 % de ses emplois.

La taille des exploitations est en augmentation, la surface agricole utile moyenne étant passée de 27 hectares en 2000 à 32 hectares en 2005.

Si le nombre d'exploitations professionnelles se maintient (29 000 exploitations), les exploitations à titre secondaire sont en régression (- 10 000 exploitations en cinq ans). Peu de surface a été libérée, ce qui explique l'augmentation assez limitée de la taille moyenne des exploitations.

Les exploitations qui ont connu le plus grand nombre de disparitions entre 2000 et 2005 sont celles de petite taille. Le nombre d'exploitations de plus de 100 hectares a en revanche augmenté.

Comme partout en France, un agrandissement des entreprises de production est en train de s'opérer, pour des raisons de viabilité économique mais aussi du fait de démembrement d'exploitations sans succession.

L'installation en agriculture reste assez attractive en Rhône-Alpes : on y recense environ 750 installations par an. Environ la moitié des jeunes entrepreneurs ne bénéficient pas des aides européennes à l'installation et la moitié ne sont pas issus d'un cadre familial agricole. Les installations ne comblent cependant pas les disparitions d'entreprises agricoles (environ 3 000 par an). Ces chiffres devraient rester assez constants jusqu'en 2015, avec certainement un pic des installations en 2007 et 2008.

L'installation en agriculture reste assez attractive en Rhône-Alpes : on y recense environ 750 installations par an. Environ la moitié des jeunes entrepreneurs ne bénéficient pas des aides européennes à l'installation et la moitié ne sont pas issus d'un cadre familial agricole. Les installations ne comblent cependant pas les disparitions d'entreprises agricoles (environ 3 000 par an). Ces chiffres devraient rester assez constants jusqu'en 2015, avec certainement un pic des installations en 2007 et 2008.

En matière de statut juridique, les exploitations individuelles (38 000 exploitations) continuent à régresser au profit des formes sociétaires : 3 200 GAEC et 2 550 EARL.

Les modes de faire valoir connaissent également des évolutions. L'augmentation du prix du foncier, les formes sociétaires et la disparition des petits exploitants propriétaires au cours des dernières années ont entraîné le recul du faire valoir direct [2] (415 000 hectares) alors que les autres modes de faire valoir augmentent (indivision, location, usufruit.). Le fermage (location) représente 1 055 000 hectares.

L'agriculture rhônalpine peut être caractérisée par une répartition en quatre catégories :

  • 20 % des chefs d'exploitation perçoivent une retraite ;
  • 25 % des exploitations sont spécialisées en production agricole, avec parfois plusieurs productions ;
  • 25 % des exploitations sont diversifiées, c'est à dire qu'elles ont des activités de transformation, de vente ou d'accueil à la ferme ;
  • 30 % des exploitations font de la pluriactivité : les chefs d'exploitation ou leur conjoint combinent activités agricoles et autres activités.

Les petites exploitations sont très pluriactives, mais on trouve les quatre types d'exploitation quelle que soit la taille des entreprises. Cette diversité d'entreprises associée à une dispersion des productions agricoles peut représenter un inconvénient majeur en matière de transformation et de présence sur les marchés, par un manque de concentration des volumes de production.

En matière de structuration du travail, le nombre de salariés non familiaux et de salariés saisonniers diminue relativement peu. Par contre, dans les exploitations professionnelles, on assiste à une diminution du nombre de conjoints co-exploitants ou aides familiaux au profit de salariés familiaux. En effet les parents retraités assurent un travail d'appoint qui remplace celui d'enfants aides familiaux. Ces derniers s'orientent plutôt vers des activités hors agriculture. Ce constat est en parfaite correspondance avec ce qui se passe en matière d'installation en agriculture.

L'emploi agricole à la production est de 64 160 unités de travail annuel, soit 7,5 % des UTA agricoles en France. Le salariat dans les exploitations est important : 17 600 UTA, avec un nombre important de saisonniers (environ 100 000 par an, dont la moitié en viticulture). Les UTA de salariés se répartissent entre cultures spécialisées (9 700), viticulture (3 600), polyculture élevage (3 500) et structures équestres (650).

En 2006, l'économie des exploitations a été marquée par la mise en application du découplage partiel des primes à la production, avec la mise en place des Droits à Paiement Unique (DPU). D'un point de vue comptable, cela se traduit par un basculement de l'enregistrement des aides. En 2005, elles étaient enregistrées en même temps que la production, tandis qu'à partir de 2006, elles sont enregistrées dans le poste des subventions d'exploitation. Ce jeu d'écriture n'a pas d'incidence sur le revenu des exploitations agricoles, mais il ampute mécaniquement la valeur ajoutée des entreprises. A plus long terme, le découplage de ces aides du produit entraînera des changements d'assolement et de production en réaction à l'évolution des marchés.

[1] Unité de travail annuel (UTA) : unité équivalent au travail d'une personne travaillant à temps plein pendant une année.

[2] Faire valoir direct : les superficies sont la propriété de la personne qui les exploite.

Les démarches de qualité et de bonnes pratiques se développent

Les crises agricoles et le besoin de transparence sur les pratiques de production ont légitimé les démarches de qualité entre les exploitations et leurs clients (structures intermédiaires de mise en marché, distributeur final.). Elles se sont concrétisées par le développement de différents cahiers des charges de production au cours des dernières années (EUREPGAP, IFS, BRC, Nature's choice). Aujourd'hui, 150 exploitations arboricoles sont par exemple certifiées EUREPGAP en Rhône-Alpes, ce qui favorise l'accès à certains marchés.

Pour apporter une réponse structurée à cette multiplication d'initiatives, la profession a lancé ses propres démarches, parmi lesquelles la Charte des Bonnes Pratiques d'Elevage pour la production bovine (6 745 élevages) et la qualification des exploitations agricoles (100 exploitations).

Le nombre restreint d'exploitations qualifiées ne traduit pas la demande soutenue en matière de diagnostic environnemental. Dans le même temps, l'entrée en vigueur de la conditionnalité des aides européennes incite à l'amélioration des pratiques agricoles.

Une autre spécificité de l'agriculture régionale est le nombre et le poids des produits agricoles et agroalimentaires sous signes de qualité et d'origine. En fin 2006, on dénombre en Rhône-Alpes près de 60 Appellations d'Origine Contrôlée, 14 Indications Géographiques Protégées, plus de 50 Labels Rouges, 30 Certificats de Conformité Produits (indication ne faisant plus partie des signes officiels de qualité) et 1 200 exploitations engagées dans la production en Agriculture Biologique.

 

La Loi d'Orientation Agricole de 2006 a redéfini la politique « qualité » agricole, en fonction de deux objectifs : améliorer la lisibilité pour les consommateurs et faciliter l'accessibilité pour les producteurs. Elle a instauré une structure unique de pilotage des SIQO : l'Institut National de la Qualité et de l'Origine, reconnu comme établissement public administratif.

Plusieurs changements sont à noter : le Certificat de Conformité Produit ne fait plus partie des SIQO mais reste une certification garantie par l'Etat. Les appellations spécifiques Produits de montagne, Produits fermiers, Produits de pays font partie de la réforme et verront leur utilisation encadrée. Les SIQO seront dorénavant gérés par des organismes de défense et de gestion (ODG), qui doivent obtenir la reconnaissance de l'Institut National de la Qualité et de l'Origine.

La filière viticole, un exemple pour Rhône-Alpes

La filière viticole est un enjeu fort pour Rhône-Alpes, mais elle connaît une période difficile.

Les enjeux relèvent de nombreux domaines :

  • Enjeux économiques : le vin est la deuxième production agricole régionale, avec 2 800 000 hectolitres de vin produit en 2005 et 420 millions d'euros de chiffre d'affaires. Celui-ci a enregistré une régression au cours des dernières années.
  • Enjeux sociaux : 5 400 exploitations viticoles emploient 3 600 équivalent temps plein (ETP) salariés et génèrent 850 ETP dans la vinification.
  • Enjeux territoriaux : le vignoble rhônalpin s'étend sur 59 000 hectares. 620 communes comptent plus de 5 hectares de vigne. Le vin valorise les territoires et les terroirs, avec 36 AOC (Appellations d'origine contrôlée), 2 VDQS (Vins de qualité supérieure) et 14 Vins de Pays.
  • Enjeux d'image : en Rhône-Alpes, vin rime avec terroir : Beaujolais, Drôme provençale, terrasses des Côtes du Rhône Septentrionales, Sud Ardèche, Combe de Savoie, Diois, Cerdon. Les vignobles sont porteurs de la richesse des paysages de la région ; la qualité des vins associée à la gastronomie participe à la renommée de Rhône-Alpes.

La filière vinicole fait face à un marché en mutation. La consommation nationale (qui constitue le principal débouché) connaît de profondes modifications quantitatives et qualitatives. La consommation annuelle per capita est passée de 100 litres dans les années 60 à 55 litres aujourd'hui. Si elle reposait auparavant à 90 % sur des produits sans appellation, la consommation actuelle se compose pour moitié de vins d'appellation. Les études prospectives de l'Office national de production estiment que le recul de la consommation nationale de vins tranquilles[1] pourrait atteindre 25 % à horizon dix ans (dans l'hypothèse la plus pessimiste).

Au niveau international, on note une augmentation sensible de la production, due aux vignobles de l'hémisphère sud et des Etats-Unis, mais aussi du continent asiatique (principalement de Chine). L'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) estime le vignoble mondial à 8 millions d'hectares en 2007, la production de vin à 280 millions d'hectolitres et la consommation à 233 millions d'hectolitres. Ce déséquilibre du marché risque d'être long à résorber.

Dans ce contexte, la filière rhônalpine doit améliorer sa compétitivité sur trois points : innovation et qualité des produits, maîtrise des coûts de production, organisation et performance de la mise en marché.